Suivre une thérapie pour un TSPT complexe : ce qui se passe d'une séance à l'autre

Suivre une thérapie pour un TSPT complexe : ce qui se passe d’une séance à l’autre

Le trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT complexe) se développe le plus souvent après des traumatismes répétés ou prolongés, souvent subis pendant l’enfance, ou au sein d’une relation qu’on ne pouvait pas quitter. Les personnes qui entament un suivi savent en général que la thérapie avance par étapes. On leur décrit moins ce que ce chemin représente au quotidien : les séances qui secouent, les semaines où rien ne semble bouger, l’envie d’arrêter. Connaître ces moments à l’avance aide à ne pas les prendre pour un échec.

Qu’est-ce que la fenêtre de tolérance ?

Beaucoup de thérapeutes s’appuient sur une notion proposée par le psychiatre américain Daniel Siegel, la fenêtre de tolérance. Elle désigne la zone dans laquelle une personne peut ressentir des émotions, même fortes, tout en restant capable de penser et de garder le contact avec ce qui l’entoure.

Au-dessus de cette zone, le corps passe en suractivation : cœur qui s’emballe, panique, colère, sentiment de danger.

En dessous, c’est la sous-activation : engourdissement, vide, voix qui semble lointaine, parfois l’impression de se regarder de l’extérieur, que l’on appelle dissociation.

Chez les personnes qui ont vécu des traumatismes répétés, cette fenêtre est souvent étroite, et un souvenir, un ton de voix ou une odeur suffit parfois à les en faire sortir. Une partie du travail consiste à la reconnaître, puis à l’élargir peu à peu.

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Est-il normal de se sentir moins bien après une séance ?

Cela arrive, surtout quand le travail s’approche de souvenirs difficiles. Fatigue, sommeil agité, irritabilité ou images qui reviennent peuvent suivre une séance pendant un jour ou deux. Ce n’est pas forcément le signe que la thérapie fait du tort : c’est une information utile pour le thérapeute.

En parler à la séance suivante permet d’ajuster le rythme. Un suivi du trauma complexe bien mené ne cherche pas à aller vite. Il avance à la vitesse où la personne peut intégrer ce qui remonte, quitte à revenir plusieurs fois à des exercices de stabilisation. Si les réactions durent ou s’intensifient d’une semaine à l’autre, c’est aussi un signal à partager.

Que faire quand on a envie d’arrêter ?

Lorsque les traumatismes ont eu lieu dans une relation, la relation thérapeutique devient elle-même un terrain sensible. Il arrive de se sentir jugé ou incompris, d’éprouver de la colère envers son thérapeute, ou de craindre qu’il se lasse. La recherche nomme ces moments des ruptures de l’alliance thérapeutique.

Les travaux des psychologues Jeremy Safran et Christopher Muran suggèrent que ces ruptures sont fréquentes, et que leur réparation est associée à une évolution plus favorable. Quand on a appris que les conflits finissent mal, vivre un désaccord qui se répare peut être une expérience nouvelle, et précieuse.

D’où l’intérêt de dire en séance ce qui dérange, même maladroitement, plutôt que d’annuler les rendez-vous suivants. Un thérapeute formé au trauma accueille en général ce type de remarque comme une matière de travail, pas comme un reproche. L’envie d’arrêter peut aussi signaler qu’une approche ne vous convient pas, et en parler aide à distinguer un passage difficile d’un vrai désaccord sur la démarche.

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Que se passe-t-il entre les séances ?

Une bonne part du changement se joue hors du bureau. Selon l’approche, le thérapeute peut proposer de noter les moments où l’on sort de sa fenêtre de tolérance, ce qui les a précédés et ce qui a aidé à revenir. Même brèves, ces notes aident à repérer des déclencheurs qu’on ne voyait pas.

Les exercices d’ancrage se pratiquent aussi dans les moments calmes, pour être disponibles quand l’activation monte. Le quotidien compte autant : un sommeil régulier, des repas pris à heures fixes, des activités qui apaisent, des personnes auprès de qui l’on se sent en sécurité. Ces repères ne sont pas accessoires. Ils créent les conditions qui permettent d’aborder ensuite le travail sur les souvenirs.

Comment savoir si la thérapie avance ?

Le progrès ne se résume pas à « se sentir mieux ». Dans un TSPT complexe, les premiers changements sont souvent discrets. On remarque plus tôt que la tension monte, on retrouve son calme en une heure plutôt qu’en une journée, on ose refuser une demande, on traverse une date anniversaire sans perdre pied. Le parcours n’est pas linéaire, et des périodes de recul font partie du chemin.

Faire le point avec son thérapeute à intervalles réguliers permet de nommer ces changements, qui passent facilement inaperçus quand on les vit de l’intérieur.

Une thérapie pensée pour les traumatismes répétés

La Clinique en santé mentale Saule offre une thérapie du TSPT complexe aux enfants, aux adolescents et aux adultes du Québec. Le suivi commence par une évaluation psychologique, qui situe les symptômes dans l’histoire de la personne, puis se poursuit en psychothérapie individuelle, dans ses locaux de Greenfield Park et de Laval, ou à distance. Le rythme des séances et l’ordre des sujets abordés se décident avec la personne, qui garde la main sur ce qu’elle est prête à explorer.

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