HEMA et TPO dans les produits de manucure : les risques méconnus pour vos ongles

HEMA et TPO dans les produits de manucure : les risques méconnus pour vos ongles

Chaque semaine, des millions de femmes appliquent du vernis semi-permanent, posent des gels UV ou utilisent des kits de faux ongles sans jamais lire la liste des ingrédients. Pourtant, deux composants présents en grande quantité dans ces produits commencent à susciter des inquiétudes sérieuses côté santé : le HEMA et le TPO. Peu connus du grand public, ces substances sont aujourd’hui dans le viseur des autorités sanitaires européennes. Tour d’horizon de ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que le HEMA ?

Le HEMA, ou hydroxyéthyl méthacrylate, est un monomère acrylique utilisé comme agent de polymérisation dans les gels UV et les vernis semi-permanents. Il joue un rôle clé dans la solidification du produit sous lampe LED ou UV : c’est lui qui permet au gel de durcir et d’adhérer à l’ongle naturel.

Pendant longtemps, il a été considéré comme inoffensif à faible concentration. Mais les données accumulées ces dernières années dressent un tableau plus préoccupant. Le HEMA est aujourd’hui classé comme allergène de contact potentiellement sévère. Une fois la sensibilisation déclenchée souvent après plusieurs mois ou années d’exposition répétée elle est irréversible. Concrètement, une personne sensibilisée au HEMA peut développer des réactions allergiques non seulement aux produits de manucure, mais aussi à certains matériaux dentaires, colles médicales ou dispositifs médicaux contenant des acrylates. 

Les professionnelles du secteur (prothésistes ongulaires, techniciennes en onglerie) sont particulièrement exposées, avec un risque de dermatite de contact professionnelle reconnu dans plusieurs pays européens. Mais les utilisatrices régulières à domicile ne sont pas épargnées.

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Et le TPO ?

Le TPO, ou oxyde de phénylbis(2,4,6-triméthylbenzoyle)phosphine, est un photoinitiateur c’est-à-dire un composant qui déclenche la réaction de polymérisation lorsque le produit est exposé à la lumière UV ou LED. Sans lui, le gel ne durcirait tout simplement pas.

Son profil toxicologique est plus complexe encore. Le TPO est suspecté d’être un perturbateur endocrinien, capable d’interférer avec le système hormonal après une absorption cutanée ou par inhalation. Sur des ongles souvent fragiles ou présentant de petites microfissures, la barrière cutanée est moins efficace, ce qui peut favoriser ce type d’absorption.

En 2025, le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC) de l’Union Européenne a émis des recommandations visant à encadrer l’utilisation du TPO dans les cosmétiques. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une série de restrictions touchant les produits de manucure dont l’interdiction du CI 77820 (pigment argent métallique) entrée en vigueur en mai 2026.

Des effets qui apparaissent souvent tard

Ce qui rend ces deux substances particulièrement insidieuses, c’est la temporalité de leurs effets. Contrairement à une réaction allergique immédiate, la sensibilisation au HEMA ou les effets endocriniens suspectés du TPO se construisent dans le temps, de manière silencieuse. Les premiers symptômes rougeurs, démangeaisons, ongles qui se décollent (onycholyse), peau qui tiraille autour des cuticules sont souvent attribués à autre chose.

Des ongles qui deviennent soudainement fragiles, qui se dédoublent ou qui accrochent systématiquement après une pose en gel peuvent être le signe d’une réaction de l’organisme à ces composants. Un bilan allergologique chez un dermatologue permet de confirmer ou d’infirmer une sensibilisation aux acrylates.

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Ce que dit la réglementation

En Europe, la réglementation cosmétique (Règlement CE 1223/2009) impose aux fabricants de lister l’ensemble des ingrédients sur l’emballage via la nomenclature INCI. Dans la pratique, ces listes restent difficiles à déchiffrer pour le consommateur non initié.

Depuis 2023, plusieurs associations de dermatologues européens ont appelé à un étiquetage plus clair des produits de manucure contenant des acrylates, et à une meilleure information des utilisatrices sur les risques d’une exposition prolongée. Des discussions sont en cours au niveau européen pour encadrer plus strictement les concentrations de HEMA autorisées dans les produits grand public.

Des alternatives existent

Face à ces enjeux, une nouvelle génération de produits de manucure a émergé, formulée sans HEMA et sans TPO. C’est notamment le cas des stickers ongles en gel semi-permanent Geeli House, qui offrent un résultat comparable à une pose en salon brillance, tenue jusqu’à trois semaines, finition nette sans recourir à ces composants. Leur formule est également vegan et sans ingrédients d’origine animale, pensée pour convenir aux ongles sensibles ou déjà fragilisés par des poses répétées.


Article rédigé par Margaux Grenouillet, rédactrice spécialisée en beauté et santé.

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